le blog de l'institut

De profundis clamavi ad te Domine, exaudi vocem meam. In te, Domine, speravi, non confundar in aeternum.

02-28-2007

Je suis drôle parce que je suis pas drôle.

vampire
Edvard Munch.
Vampire.


J’aurais aussi pût lui parler de tondeuses à gazon si l’idée m’était passé par la tête.
C’est drôle, il y a des moments ou tu te dis que, si ça avait existé des fiches réponses a tout, tu aurais claqué tout ton fric dedans.
Bref, l’autre jour, j’ai pensé à mon avenir, et je me suis rappelé une des premières fois ou j’avais pensé à mon avenir. Oui, quand je pense à l’avenir, je pense au passé, mais voilà, vous commencez à me connaître.

En fait, je devais être en 5em, et j’étais en cours d’Allemand, et je m’étais fais virer du cours pour un truc comme quoi j’aurais foutu le bordel. J’attendais derrière la porte de la salle, dans un long couloir vide et blanc. C’était neuf, ça ressemblait un peu à l’hôpital. On entendais un peu les bruits des autres classes. Derrière les portes, il y avait des élèves qui ne se faisaient pas virer, eux.
J’ai ouvert la fenêtre, on devait être en avril, il y avait des gros nuages cotonneux électriques et grossiers qui commençaient à envahir l’espace, déchirant l’horizon insipide. Je n’aimais pas cette petite ville. En bas, c’était les cuisines de mon collège. On était vers les midi, il y avait des odeurs de fritures, sûrement des frites, c’était vraiment une bonne nouvelle.
Seul dans ce couloir, immense, je me suis sentis petit. Alors que la vie tournait autour, partout autour de moi, je regardais par la fenêtre, et je respirais des odeurs de fritures. J’avais peur que le directeur passe dans le couloir et me chope à être viré de cours encore une fois. Mon cœur s’emballait à chaque bruit, j’étais inquiet.
Et puis, voilà, j’ai pensé à l’avenir. C’était un long couloir blanc qui se termine dans rien avec une odeur de friture et des angoisses dans le ventre. J’ai aussi compris que la vie ne ferait de cadeaux à personne, et qu’elle ne me raterais sûrement pas. J’ai même peut être commencé à sentir les immenses rouleaux compresseurs qui commençaient leurs travails. La vie m’avait déjà attrapé par les jambes, et elle commençait à broyer. Moi, au dessus, je faisais des grimaces hilares, un espèce de chant du signe, mais voilà…
En fait, je suis drôle parce que je ne suis pas drôle.
Je ne connais pas beaucoup de personnes aussi sinistre que moi.
Et puis voilà, j’ai dût rentrer en cours après une dizaine de minutes. Les nuages continuaient à approcher. J’ai fais un sourire de merde à mes potes du fond de la classe, j’étais toujours drôle et le meilleur. Et puis, par la fenêtre qui donnait sur le sommet des châtaigniers, dans la grande cours, j’ai regardé encore un moment les nuages qui sonnaient la charge.

Sinon, je me suis fais coller une fois parce que j’avais oublié mon manuel de français, une fois parce que j’avais sauté sur des sacs, une fois parce que j’avais craché par terre, une fois parce que c’était pas de ma faute m’sieur, une fois parce que j’avais lancé des espèces de fléchettes fabriqués avec des cartouches d’encre et des petites ailettes en papiers. En bonus pour cette dernière colle, j’ai dût enlever toutes les fusées de ce genre dans les plafonds du collège.
Je remercie particulièrement l’éducation national libre et laïque de la république démocratique française.

Vous connaissez l’histoire de ce détenu condamné à mort aux états unis et qui commençait a faire un malaise violent quelques jours avant sa mort ? Et ben l’administration pénitentiaire l’a envoyé dar-dar à l’hôpital pour le rafistoler et le remettre en bonne santée, et puis, ils l’ont reconduit dans sa cellule, et puis il a pût marcher tout seul pour monter sur la chaise électrique quelque temps après.

Allô Kafka ? t’es ou là ?

Et puis je crois bien que le petit vieux du premier étage est mort. Il était très vieux, tout au bout de la vieillesse. Un matin, j’ai vu une ambulance en bas de l’immeuble. Le vieux Monsieur devait monter jusqu’au 1er étage, et dieux c’est que c’était liberticide pour lui. Je m’attendais toujours à la voir tomber, mais non, il se rattrapait en rigolant un peu. D’ailleurs, il rigolait toujours un peu dans sa barbe, on ne comprenait pas ce qu’il disait. Si ça se trouve, il se foutait bien de notre gueule. On aurait dit un espèce de marin dans son look, avec un béret, une canne et une veste bleue marine. L’ambulance était là et il y avait une civière pour le transporter. Je ne trouve vraiment pas ça drôle vous savez. C’est bien dommage que la mort s’attaque si souvent aux gens vieux, les plus faibles. Il y avait cette civière en bas des escaliers. Ces escaliers de merde. D’ailleurs, j’ai envie de lui faire un petit poème, parce que je ne vois pourquoi.

Cher vieux Monsieur
Ces putain d’escaliers
Ne te feront
Plus
Chier.


La civière, c’était pour transporter le vieux Monsieur dessus.
En y réfléchissant bien, tout est histoire de transporter. Notre mère nous transporte dans son ventre, on nous transporte dans un petit lit, on nous transporte dans une poussette. Puis on nous transporte dans une voiture, on transporte ses courses, après on transporte ses poubelles et après, les poubelles sont transportés dans des camions. Puis on transporte sa merde dans ses boyaux, et puis la merde est transporté dans les égouts. On transporte ses valises, on transportes ses couilles. On transporte son mal de vivre, ses joies et sa connerie dans le métro ou les bus. On transporte sa copine, on transporte une civière, on transporte un cercueil, et après, a priori, on arrête les réflexions a la con comme celle là.

J’aimerais dédicacer ce post spécialement à tous les habitants de la ville de Culoz.

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02-11-2007

A vau-l'eau.

autoportrait_saint_remy

Vincent Van Gogh
Autoportrait saint remy.


"Voyez cela, je vois mon père.

Voyez cela, je vois ma mère et mes soeurs et mes frères.
Voyez cela, je vois tous mes ancêtres qui sont assis et me regardent.
Et voilà, voilà qu'ils m'appellent et me demandent de prendre place à leurs côté, dans le palais de Valhalla, là où les braves vivent à jamais."

Prière viking.

Ne vous inquiétez pas, je n’ai trahit personne. Pour vous rassurer, sachez que la première fois que je devais aller à la fac, je me suis retrouvé dans un Ikéa…rassurez-vous, l’honneur est sauf.
Rassurez vous, vous mes ancêtres, j’arrive à faire le plus beau des sourires de faux cul, mais je n’en pense pas autant…

Rassurez vous, vous qui avez été alpinistes, qui voltigiez sur la cimes des parois abruptes, défiant le soleil, fumiez une clope au sommet de quelques col dépassant 4000 m ; je jongle avec la vie chaque jours, je tiens en équilibre sur son absurdité, je la met en scène, elle n’aura jamais le dessus, je ne suis pas encordé, et je glisse mes doigts dans les plus infimes failles qui soient, pour chercher à me rapprocher des étoiles.

Rassurez vous, vous mes ancêtres qui êtes tombés face contre la terre, au milieu de quelque champs de bataille, ici ou ailleurs, les armes aux poings, les larmes aux yeux, une balle en plein cœur, j’ai le meilleur des gilets pare-balles, la haine glisse sur moi, et je n’ai même pas besoin d’arme, car je vois autant de foudre dans une phrase qui peut fouetter la page blanche et couler de par elle même sur une autre phrase, que dans un carnage sanglant militaire.

Rassurez vous, vous mes ancêtres qui vous vantiez de ne pas décrocher le tabouret du bar cradingue que vous fréquentiez, laissant les plus belles ardoises de l’histoire de l’alcoolisme, et vous qui rigoliez au médecin qui vous conseillait de lever le pied, je ne flancherais jamais, je prendrais n’importe qu’elle trou duc’ de n’importe quel rade de la planète et je hisserais fièrement le drapeau savoyard sous leurs nez, qu’ils sachent qu’il y a toujours plus fort qu’eux, quelque part.

Rassurez vous, vous mes ancêtres qui étiez les premières féministes avant l’heure, vous qui n’avez jamais dépendu d’un mec, qui faisiez très bien sans, et qui meniez votre vie comme bon vous l’entendiez, contre l’avis de l’opinion publique, je ne me foutrais jamais de la gueule d’une fille, sachant que c’est ce qui pourra me faire le plus mal au cœur, je tomberais aux genoux de celle qui en vaudra la peine, et je la protégerais de mon mieux.

Je vous entend tous, dans mon dos…J’entend vos squelettes qui s’agitent dans vos cercueils…Vous êtes en transes, vous réclamez a boire, vos orbites RÉCLAMENT le soleil.

Mais rassurez vous, il y a toujours des uppercut qui atterrissent en plein foie, sur le ring du césar palace. Il y a toujours des V10 rugissant, frôlant les barrières de sécurité du circuit d’interlagos a 300km/h.
Il y a toujours mademoiselle la grande faucheuse qui fait des siennes, et il a toujours des connards pour lui renvoyer son sourire pervers.
Il y a toujours la vie qui coule , le sang qui déboule en torrent dans les veines de certaines personnes, des âmes qui tiennent, de ces regards qui vous font chavirer, de ces coups de pinceau de francis Bacon qui bouleverse le genre humain.
Il y a toujours la lune qui fait la course avec le soleil, tout part a vau-l’eau, le temps qui ronge des os inlassablement, des mecs qui passe l’arme a gauche et des fleuves qui continuent de couler, majestueusement.

J’irais porter de mes nouvelles aux dieux des fleuves…qu’ils soufflent à tous mes ancêtres, que le dernier rejeton de la famille, le fils unique, est toujours là, et qu’il ne compte pas lâcher le morceau de sitôt.



 

Posté par interner à 06:07 PM - Sous traitement. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02-05-2007

Soit on en a trop.

crucifixion
Pablo Picasso
Crucifixion


Quand je suis sortis du metro, j’aurais pût prendre l’autre sortie, j’avais remarqué qu’il n’y avait personne. Mais j’ai fait expres d’aller vers les controleurs pour leurs montrer que maintenant, j’avais crédité ma carte d’abonnement…Histoire de dire « Tiens connards, tu peux plus me foutre d’amande heiiin ? Ca te fais chier heiiin ? »

Alors que c’est complètement con vu que c’est exactement la manière dont ils veulent que les gens reagissent en leurs mettant des amandes, mais je n’ai jamais dit que je n’etais pas complètement con.

Il a regardé mon prénom sur ma carte, et après l’avoir validé, il m’a dit « bonsoir jean baptiste ».
Vous savez pourquoi il a dit ça ? Non, ce n’est pas parce que c’etait marqué dessus connasse…enfin si, aussi mais bon…Oh allez ta gueule…
Non, en fait, c’est parce qu’il a bien saisi toute l’empleur de ma folie dévastatrice, antidéluvienne et eschatologique, d’origine purement, totalement et indéniablement haut-savoyarde.
Il a bien compris qu’il fallait pas me faire chier et qu’il fallait savoir à qui il parlait.

D’ailleur, quand Chirac a fait sa bourde sur l’Iran, c’était en pensant à moi…
Effectivement, puisqu’il sait que je vais être le prochain dictateur à la tête du futur royaume souverain de piemont-sardaigne. Vous ne comprenez pas ? Et bien, puisque placé géographiquement à côté de la triste et pitoyable France, cette dernière pourra bénéficier de toute la protection de mon arsenal de défense militaire. N’oublions pas que mon royaume possedera la nouvelle arme d’une puissance équivalente à environ 3 000 fois Hiroshima, je veux bien sur parler du Pouvoir Des Fleurs.
N’oublions pas non plus la capacité qu’on les savoyard à lancer des cœurs depuis leurs ventres comme les bisounours, et vous comprendrez tout de suite la manière dont les Iranien vont se chier dessus.

Sinon, j’ai testé pour vous la crème anglaise toute prête de chez Danone. Et bien mon foie, c’est pas mal du tout….Sauf que je ne vois pas les petits grains de vanille, et je soupçonne Danone d’utiliser de la vanille de synthèse…( si tel est le cas, le royaume de piemont sardaigne fera un embargo sur tous les produits Danono pendant 300 ans.)Mais c’est bon quand même.Disons que ca a de quoi vous faire oublier que vous aller devoir vous taper l’adolescence clémentine de Marot…

Je vous donne de ces détails indiscrets que vous compreniez un peu…Je vous fais passer derrière l’écran un moment…Mais je ne vous perd pas, je vous rattrape au vole ;vous êtes bien ici, restez encore un peu !

Je pourrais vous donner des conseils de lecture non ? Moui, vous n’avez pas tord. Les gens qui donnent des conseils de lectures sont d’un pédant…c’est toujours genre « han tu aime ca ? Ohh tu devrais lire ce bouquin de l’autre connard machin truc, tu va aimer ».
C’est toujours moi je sais et pas toi…
En plus, partant du principe que les 9/10 des livres que l’on m’a conseillé étaient : au choix, cocher la bonne réponse :

-Tragique de stupidité.
-Remplit d’inepties.
-Lourd et indigeste.
-Stupide et aliénant.
= Il ne faut écouter personne.


En plus, la personne qui ne connaît pas répond toujours « ah oui, j’connais pas mais je suis sur que je vais aimer ! » Ben non connasse, ( pourquoi je met au féminin ? ) si t’as pas lu tu peux pas savoir…
Depuis des plombes, on me conseil de lire le parfum. Me viendra l’idée de le lire quand Béatrice Dalle frappera à ma porte et se jettera à mon cou.
Tout m’énerve bien sur…

Mais le problème avec les livres, c’est que soit les gens en lisent trop, soit ils n’en lisent pas assez. Finalement, c’est un peu comme avec l’argent, le problème , c’est que soit on en a pas assez, soit on en a trop.
C’est aussi pareil avec l’amour, la nourriture, les cachets d’aspirines et finalement, c’est aussi pareil avec cette putain de vie.
Soit tu crève trop jeune et t’en a pas eut assez, soit tu joue les prolongations, et tu commence à regarder l’heure qui tourne…

« Ce monde n’est qu’une immense entreprise à se foutre du monde. »

L.F Céline.

Il y a aussi le club de sport d'en bas de chez moi qui avait fermé. Ils auraient pût le remplacer par un truc utile comme par exemple  un magazin de cosmétiques ou une épicerie oriental, mais non...Ils ont refait un club de sport.
C'est vraiment le comble de la connerie urbaine ces clubs de sport. Les gens font les loques toute la journée à prendre les escalators, le metro, le tramway, sa bagnole et à se faire commander des pizzas, mais ils vont aller suer commes des gorets dans une toute petite salle à faire du vélo qui avance pas, entouré de pétasse liposcucé et encouragé par un coach à la con fringué avec un survêt moule burne jaune fluo.

M’enfin…la machine à vivre en verra d’autres…
Portez vous bien.

Posté par interner à 07:02 PM - En bon état. - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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