08-28-2007
Etat de béatitude.
Un entretien d'embauche, c'est des gens qui ne veulent pas savoir, qui posent des questions à des gens qui ne peuvent pas savoir.
Pourquoi on se prend éternellement pour des cons, à l'aide d'usages pré-établis, qui ne servent qu'à préserver les extérieurs, alors qu'en fin de compte, on pourrais résumer notre entretien à ça:
-Salut p'tit con, assis toi, t'as l'air tellement gros que tu dois être crevé à rester debout.
-Merci vieille bique, t'as tellement de ride qu'on dirait que tu t'es faite greffer de la peau de dindon sur ta gueule.
-Bon, j'te préviens tout de suite, ton dossier est merdique, tu peux te foutre le poste dans le cul, en plus, j'aime pas ta gueule.
-D'accord, si c'est comme ça, j'me casse tout de suite, j'voudrais pas rater « bon appétit bien sur ».
-Salut du con.
-Mort aux vaches.
En temps de guerre, on dit que les loups réaparraissent, dans les campagnes, et aux abords des villes.
La journée avait TELLEMENT bien commencé, que j'ai profité de cet état de béatitude la plus totale pour aller à IKEA qui se trouve à 45 min en tram de chez moi.
Putain mais on m'avait pas prévenut que c'était une usine à enrhumer du crétin là bas. déjà je débarque, on a pas le droit de marcher ou on veut, il faut suivre un sens de circulations, avec des flèches au sol. Donc pour sortir du magasin, il faut le traverser en long en large et en travers, en supportant la déambulation chaloupé d'un ramassis de cass'os qui viennent regarder des meubles qu'ils ne se paient jamais, emmenant avec eux leurs gosses qui se cachent sous les tables du rayon « ameublement d'intérieur », qui reversent des lampes qui font éclater des ballons sous ta gueule, et moi je comprend tout à fait les animaux qui s'échappent affolé, qui s'enfouissent dans des tanières, qui sortent leurs griffent, qui s'envolent en chiant sur les pare-brise.
Je trouve ce que je veux...j'attends 26 minutes pour qu'une vendeuse se dégagent de la meute, je lui glisse à l'oreille qu'il faut vraiment s'occuper de moi, sinon je vais faire une crise d'épilepsie et baver et me tortillant sur les canapés convertibles à monter soi même. Je travers TOUT LE MAGASIN pour arriver aux caisses, je paie cette saloperie, et je me ressource au rayon « cuisine suédoise » un moment...
Cher Charles Bukowski, tes histoires sur les champs de courses me casse les couilles, et je n'aime pas Mahler.
Ca suffit pour aujourd'hui, prenez soin de vous.
08-08-2007
Ma vie c'est pas du Marc Levy.

Le tintoret.
Mars et Vénus surpris par Vulcain.
Il y a aussi un voisin en face de chez moi. Oui je sais, j'ai déjà dit qu'il y en avait une en dessous, mais que voulez vous, il y en a en face, à coté, autour, derriere moi et je ne sais où encore...
Je vous raconte ça parce que mon voisin d'en face est en post-rupture amoureuse avec sa copine, et il panse les plaies d'une déchirure sentimentale dans ce que les hommes appelles faire-la-bringue-et-se-taper-des-connasses.
Le hic, c'est que la connasse en question n'est pas seule dans son appart, à 3 h du mat, puisqu'il y a le pote de mon voisin qui est resté aussi, et qui ne compte pas partir, compte tenu des commentaires onomatopique qu'il pousse à la fin de chaque phrase de la susdite connasse « oulalaaa celle laaaaa. »
Cette jeune fille ponctue elle aussi ses phrases par des rires rafraichissants que l'on pourrait dénommer des gloussemments. Elle est blonde je ne peux plus vous le cacher.
Bref, vous l'avez compris une fois de plus, cette jeune fille est en perdition, et pusieurs choix s'offrent à elle.
-Elle se defenestre. Ses funérailles auront lui 3 jours plus tard en l'église sainte-germaine de la constipation, tout le monde sera très triste et on ira prendre un verre à la fin de la céramonie au bar d'en face dénommé « chez fonfon ».
-Elle passe la nuit avec les deux hommes. ( Quoi, genre il n'y a que moi qu'y a pensé à ça..)
-Elle vient trouver refuge chez moi, s'arrête un instant sur mon regard, et je vois l'amour naitre au fond de ses yeux noirs, elle m'embrasse fougueusement, je lui dit qu'elle est aussi belle que ma dernière audi TT acheté dans Need for Speed Underground 2. Le mariage a lieux 2 mois plus tard en l'église Sainte Judithe des beignets de calamar. On part en vacance sur les îles bretonnes. Elle vomira sur le bateau son sandwich au paté, elle me donnera 2 beaux enfants qu'on appelera Matéo et Hector, je lirais des bouquins de Musso, elle regardera motus à la télé, je prendrais de la coke et j'irais aux putes.
Et bien j'en termine avec ce suspens chère lecteur, et je t'annonce que ce n'est aucunes des propositions que se réalisera, puisqu'en fait, je me suis tout bonnement endormis.
Pensée du mercredi 8 aout 3h37 : Je suis définitivement con.
Cela dit, mon sommeil a du bon, car je m'imagine champion du monde des rallys à V rally3. Je suis une star mondiale, des filles siliconnés m'entourent alors que je fait une demonstration de mon sport assis sur la chaise de mon salon.
Cela dit, être champion du monde en jeux vidéos n'offre que des avantages. Je risque au mieux une foulure du pouce, au pire de m'entourer le fil de ma manette dans mes pieds et de me casser la gueule tout seul, comme un con, dans mon salon.
Qui plus est, cela permettrait de faire des cv tout a fait insolites.
Exemple: Charles Micon, Sartrouville, Champion du monde des rally, Sniper, postier, marier 2 enfants.
Sinon, j'ai glandé inlassablement sur le Net à la recherche de Blogs cultissime. J'en ai trouvé quelques-uns. Une jeune fille notemment, digne disciple de Marc Levy, qui explique que « l'écriture est vraiment ce pour quoi elle est faite », elle « le sent au plus profond » d'elle même, comme quelque chose « d'inexplicable ». Quand elle s'installe derrière son écran, les mots s'affichants sur l'écran et le « doux murmure que font les touches du clavier frôlé par ses doigts » l'ennivre. Elle sait qu'elle est faite pour cela. D'ailleurs, elle a relevé l'adresse de plusieurs maison d'éditions.
C'est exaspérant, mais le nombre d'individus pensant cela ne fait que croitre j'ai l'impression. N'importe quel dadet légèrement dépressif pense avoir un petit goncourt qui germe dans sa tête.
Pourquoi c'est toujours vers l'écriture que ces gens là se tournent? Ne pourrait-on pas espérer une autre vocation comme, je ne sais pas moi, la charcuterie ?
Exemple: La charcuterie est vraiment ce pour quoi je suis faite. Je le sens au plus profond de moi...C'est quelque chose d'inexplicable. Quand je m'installe derrière ma machine a faire du saucisson, et que je sens la chaire a saucisse s'engouffrer dans le boyau, la douce pression qui enfle soudain entre mes doigts graisseux, je suis ennivrer par ce chant subtile. Je sais vraiment que je suis faite pour cela. J'ai d'ailleurs relevé l'adresse de plusieurs boucherie-charcuterie.
08-05-2007
Toi.

Giorgione Del Castelfranco
La tempête.
En fait, j'entends surtout parler de toi le Dimanche matin. Moi, je dort. Ma fenêtre est ouverte, il fait chaud. Toi, tu es juste en dessous, c'est logique, tu es ma voisine.
Tu fais un peu de bruit avec tes assiettes à la con, tu prépare le déjeuné pour ton mec. Oui, je me lève tard sûrement. Presque 12H. Aussi, je me couche plus tard que toi. Peut être que je t'emmerde, que je fais trop de bruit. Tu m'as jamais rien reproché.
D'ailleurs, tu m'as jamais vraiment parlée. Depuis 3 ans, je t'ai croisé quelque fois dans les escaliers. Tu descend ton chien, ton gros chien, celui de ton mec sûrement, toi, tu aurait préféré un chat par exemple, mais voilà, lui, il voulait un gros chien, que tu sort tous les jours. Pour te venger, tu as acheté des piafs qui s'emmerdent dans une cage chez toi, je les entend.
Souvent, tu met des jeans un peu trop moulant, des baskets que tu trouve mode, mais qui, désolé, ne le sont plus vraiment. Sûrement parce que, depuis que t'es avec ton mec, tu vois un peu moins tes copines, tu fais un peu moins de shopping. Au fait, la poudre rose sur les pommettes, quand on a la peau pâle comme toi, il faut être parcimonique. Tu ne l'es pas. Quand tu attend aussi patiemment que telefooot soit finit pour que ton mec vienne manger, tu vois, je trouve que tu te dévalorise.
Mais après, tu es certainement heureuse. Je vous entend causer. Juste le dimanche midi, parce que les autres jours, ton mec bosse. L'interim, c'est fatiguant. Vous en parlez desfois. Tu essaie de lui faire comprendre certaines choses. Et puis, je vous connais, quand ça comment comme ça, vous finissez par vous engueulez. Et puis, après, ton mec te dira de « fermer ta gueule parce que tu y comprend rien », alors j'entends que tu va faire la vaisselle. Peut être que tu écrase une petite larme entre les bulle de liquide vaisselle, en pensant à ce que ta mère te disait de ce mec. Tu lui en veux, mais tu le trouve tellement classe, quand par exemple il passe une commande au bar en boite, en faisant un petit signe de main au barman. Après, il se remet une couille en place, c'est moins classe, mais tu fais comme si tu n'avais pas vu. C'est ton homme.
La journée tu es toute seule. On ne s'est jamais parlé. Ton homme doit rentrer tard desfois, quand il sort avec ses potes, « non tu peux pas venir chérie, désolé, on est entre mec ». Il fera des blagues sur toi, leurs racontera vos parties de jambes en l'air. On parlera bagnole. Ton mec dira que telle bagnole est moche mais qu'on est bien dedans, « oui, comme ta femme » dira un de ses pote. Et ils rigoleront pendant que tu regardera Ko-Lanta sur TF1 en mangeant des chips et en buvant du taillefine.
L'après midi, tu fais du ménage en écoutant NRJ, un peu fort. Je n'aime pas trop mais je te laisse, tu dois t'éclater. Tu prépare des petites décorations pour ton chéri, des petites bougies, qu'il regardera ironiquement, en disant qu'il est creuvé.
En fait, chère voisine, t'es un personnage Flaubertien, tu es une Madame Bovary des temps modernes, pas une Emma, non, une Tatiana Bovary. Tu ne rêve pas de partir a Venise avec ton homme, mais déjà une sortie au parc astérix ça serait bien. Et puis des petits gestes d'affections, ça serait pas trop demander.
Tu sais, je ne te juge pas. Quand tu regarde « qui veut gagner des millions » en attendant que ton mec rentre, avec le gros clebard qui bave a côté et la bouffe qui ne devrait pas attendre, moi, au dessus, j'en sais pas plus que toi.
Tu es a mon image,
Tu pousse les journées l'une devant l'autre
Respirant le même air
Nous finirons martyr
D'incompréhension
Sous un soleil
Trop chaud.
08-02-2007
Ôde à la Vasectomie.

Léonard
Étude de proportions du corps humain selon Vitruve
Si je réfléchis un instant, oui, globalement, ça va.
Je suis dans le train, il n'y a pas trop de monde, la clim est presque bien reglée, un paysage prosaïque défile aux fenêtres. Ce sont peut être des écran plasma, je ne sais pas.
Tout va bien.
Si ce n'est peut être le contrôleur qui nous accable en s'évertuant à « souhaiter la bienvenue aux voyageurs nous ayant rejoint en gare de nouillorc, notre train est à destination de mon cul sur la commode, et desservira les gares de .. .... ....... .......... ...................... »
Le tout vociféré dans des hauts parleurs qui saturent joyeusement, ce qui donne un petit côté ...insupportable et légèrement suicidaire.
Mais je relativise en quêtant les côtés positifs d'une situation qui est tout de même enviable à certaines autres.
La positivité qui caractérisait mon état d'esprit d'alors se trouva fort diminué par l'entrée incertaine d'un groupe de 3 personnes, caractéristiques d'un échantillon d'une population socio-culturel que l'on nomme communément des «pétasses».
Alors en fait, non, globalement, après reflexion, ça va pas.
Je cherche des coupables à tout ce bordel que l'on nomme aventure moderne, ou existence, et la seule solution qui s'offre à moi, et d'en vouloir à mes parents.
Clairement, tout ce lot de souffrance quotidienne, jusqu'à une souffrance amadantine, existe parce que je suis vivant. Je suis vivant parce qu'on m'a mis au monde. On m'a mis au monde parce que mes parents l'ont fait. Mes parents sont la source du problème.
Ce raisonnement quintessencié mérite tout de même une plus grande analyse.
Ce qui désole dans ce monde, ce qui rend la vie insoutenable, tout l'immondice de la condition humaine, éxiste a mes yeux parce que je le vois.
Je le vois parce que j'éxiste.
J'éxiste parce qu'on m'a amené au monde.
Si on n'avait pas fait cela, tout ce qui est intolérable dans l'éxistence humaine n'existerait pas.
Cela n'éxisterais pas car je ne le verrais pas.
Ma réthorique est imbibé de pensée Cioranienne, certes. Je rêve de retrouver la condition d'avant « être ». Ma condition d'avant ce drâme qu'est la naissance.
Le monde d'avant la naissance est un monde de pure possibilité, un monde de liberté, bonheur, espace. Nous avons bel et bien tout perdu en naissant.
Je ressens le besoin impétueux de liquider mon identité.
Le plus tragique dans cette odyssée, c'est que ce crime quotidien qu'est la mise au monde, est encouragé, inconscient et impunis.
Pour se rendre dans un pays étrangé, pour faire une demande de passeport, une demande de bourse, une inscription administrative, toute une série de conditions, de preuves, de papiers à remplirs sont nécessaire. Alors que pour une mise à naissance, il n'est point besoin de remplir aucunes conditions.
Il faut prendre ce post pour ce qu'il est, une ôde à la Vasectomie.
le blog de l'institut
